L'Alliance Franco-Marocaine      
 

Edito

 

Un objet volant de dimensions modestes, oblong, s'approcha, puis après s'etre immobilisé quelques instants au-dessus du batiment, se posa en douceur et sans le moindre bruit, juste devant moi, sur la terrasse.

Médusé, je détailli l'extraordinaire vaisseau, étincelant dans la nuit, quand une porte latérale, invisible jusqu'alors, coulissa, libérant un violent faisceau de lumière.


Je clignais des yeux lorsque soudain, dans l'échancrure, parurent trois personnages surprenants, hominidés, certes, imaginer : la tete nue de ces voyageurs de l'espace présentait quatre doigts plus bas, une bouche probablement, à moins que ce fut un nez, en forme d'étoile.

Quelques tentacules achevées par de singulières menottes munies de frous-frous translucides, se balaçant à partir d'épaules fort tombantes, arrivaient presque à terre, battant de toutes petites jambes terminées par des ventouses.
Immobile devant ces visiteurs inattendus, j'avalais ma salive, mais je constatais que je n'étais gagné d'aucune inquiétude, que je n'avais pas la moindre appréhension : du trio émanait une douceur indicible. Me sentant en totale confiance, je leur rendis cette sorte de salut qu'ils me firent ensemble, une vague courbette, et j'entendis, dans ma tete, clairement la phrase suivante :

-Merci de bien vouloir nous recevoir. Nous sommes venus voir l'exposition.

Comment? L'exposition?
Ah! Sous l'effet de la surprise, je l'avais totalement oubliée...

Devant le prodige, il fallait s'incliner :
-Soyez les bienvenus,berdouillai-je.
Suivez-moi, je vous prie.
-Nous ne vous importunerons pas longtemps.

déclara la voix.

Je dévalai l'escalier, arrivai avec mes insolites compagnons parmi les nombreuses personnes venues pour le cocktail.
Quand on me découvrit, ainsi accompagné, un tonnerre d'applaudissements fit vibrer les murs : croyant à une joyeuse parodie, quelque facétie théatrale, chacun exprimait à sa maniére son étonnement et sa joie.
On s'écarta naturellement devant nous et ainsi nous fimes aisément le tour des oeuvres, sous d'incessantes salutations et quelques vibrants "Bravos".

-Voudriez-vous nous recenduire à l'appareil, reprit alors la voix à l'intérieur de mon crane,nous devons repartir vers Sirius.

Je raccompagnai donc les extraterrestres sans barguigner.Ils réintégrèrent leur astronf, aprés m'avoir salué à nouveau gracieusement. Puis l'engin se souleva dans un silence incompréhensible et s'envola à une vitesse prodigieuse...

Décidément, pour l'ouverture
du second Festival de l'Etrange,
il était difficile de faire mieux!

Alain Billy
Directeur.